Ainda sobre Francky Altineus

Muitos amigos entraram em contato para perguntar o que aconteceu a Francky. Alguns textos do jornal Le Nouvelliste dão conta do ocorrido. Traduziremos em breve.

 

Barbarie entre ciel et bananeraies…
Roberson Alphonse, em 12/02/2016, para o Le Nouvelliste

Deux passagers d’un autobus ont été tués par balle par des hommes armés à Bercy, non loin de St-Médard où ils ont aussi incendié un sous-commissariat et attaqué une maison de transfert et une caisse populaire.

Samedi 6 février 2016. La fin de mandat du président Michel Martelly dans les prochaines 24 heures alimente les discussions dans cet autobus « pappadap » assurant le trajet Port-au-Prince-Gonaïves. Comme dans les véhicules de transports en commun, aussi bruyant que le café du commerce, les opinions sont exprimées avec liberté, dans un parfait mélange de sarcasme et de gravité par rapport à l’avenir du pays. D’autant que la veille, dans la capitale et ses environs, des hommes en treillis, armés de fusils M1, de fusil à pompe calibre 12 et de pistolets, défilaient à la barbe de policiers sages comme des images.

Dans le bus qui, après Cabaret, sur la nationale # 1, traversait les bananeraies, personne ne soupçonnait l’innommable. Mais à Bercy, des hommes armés, sortis de nulle part, ouvrent le feu sur le bus. Il était autour de 11 heures 30, raconte un stagiaire de la rédaction du Nouvelliste, qui se rendait aux Gonaïves. Le chauffeur accélérait et les passagers hurlaient pour qu’il s’arrête alors que les bandits armés, certains encagoulés, vidaient leurs chargeurs. « Je suis touché à la jambe, je suis touché à la jambe », hurlait le conducteur. Une fois le véhicule immobilisé, les bandits ont braqué et pillé les survivants. « Ils ont pris mes deux téléphones », souligne notre collaborateur, sonné, à la merci de ces bandits.

L’odeur de poudre, de sang frais montait. Deux personnes sont mortes. Deux autres étaient grièvement blessées. Il y avait plusieurs blessés, explique le jeune journaliste. La peur au ventre, livré à ces assassins sous un ciel bleu clair, les bandits ont mis le feu au véhicule. Le cadavre de l’une des victimes, à côté de la portière, a été carbonisé.

« J’étais avec deux autres passagers quand les bandits nous ont intimé l’ordre de courir et de ne pas regarder derrière au risque de recevoir une rafale », raconte l’étudiant finissant en communication sociale à la Faculté des sciences humaines. Il a marché dans les bananeraies avant d’arriver à St-Médard, non loin du centre-ville de l’Arcahaie. Là aussi, les bandits armés avaient laissé désolation mais n’ont pas fait de victimes au sein de la population. Le sous-commissariat, à la lisière de la route nationale numéro 1, a été incendié. Une maison de transfert d’argent et une caisse populaire ont été attaquées. La police est aux abonnés absents. Les bandits, libres comme le vent, ont érigé des barricades en pierre sur la route. Des casques bleus, des agents de la BOID sont intervenus par la suite.

Samedi, au niveau de Cabaret, des policiers apeurés, informés de ce qui s’est passé, se sont contentés de déconseiller l’usage de ce tronçon à des automobilistes qui se rendaient sur la Côte-des-Arcadins, une zone à forte concentration d’hôtels.

Dans une note de presse rendue publique le 10 février 2016, l’association nationale des caisses populaires haïtiennes (ANACOPH) a fait part de sa consternation après l’attaque de la « Kes Popilè Kabare » PPK. « Cet acte odieux et malsain met en péril les efforts consentis par les masses de se mettre ensemble en vie de trouver un mieux-être dans le pays où le crédit au plus démunis est un luxe », a indiqué la note qui presse les autorités policières et judiciaires à faire tout ce qu’il pour que les auteurs ces actes soient punis conformément à la loi. L’ANACOPH, dans cette note signée par le président du conseil d’administration, invite également les autorités à garantir la sécurité pour que la population puisse vaquer à ses activités tranquillement.

Cruauté à Arcahaie : un professeur d’université assassiné…

Juno Jean Baptiste, em 18/02/2016, para o Le Nouvelliste

Franky Altinéus, 30 ans, géographe, professeur d’université, détenteur d’une maîtrise en géographie de l’environnement et fraîchement habilité à entreprendre des études de doctorat au Brésil, fut des passagers qui ont été assassinés le samedi 6 février à bord du minibus assurant le trajet Port-au-Prince/Gonaïves. La nouvelle n’a pas fait grand bruit jusqu’à ce que le père ait découvert le corps de son fils geler à la concave d’une morgue à Arcahaie lundi dernier.

Jeudi matin. À Delmas 69 prolongé, au fin fond d’un dédale de bâtisses, des badauds devisent dans un coin. « Un type de bien », « Il était très réservé », « Il avait toujours un livre entre ses mains »… Chacun d’eux fouille sa mémoire en quête d’un souvenir de Francky Altinéus assassiné, comme d’autres, il y a bientôt quinze jours, à Bercy, non loin de Saint-Médard (Arcahaie), par des criminels lourdement armés. En contrebas, un lourd silence enveloppe la cour de la maison familiale. Son père, François Altinéus, mécanicien depuis plus de trente ans, larmes aux yeux par moment, est comme dans un rêve. « Li mouri konsa vre, li mouri kansa vre, li mouri konsa vre », ressasse-t-il, la voix blanche, comme un refus d’avaler la pilule.

Entre des appels de réconfort et les hèles de sa femme, Francois Altinéus, père d’une fratrie de cinq enfants dont Francky est l’aîné, est sans voix. « C’est la boussole de la famille. Le guide », bredouille-t-il, entre deux soupirs, sous les regards sensibles d’un homme qui remet de nouvelles couches de peinture aux murs de la petite maison familiale, là où Francky Altinéus a grandi. Diplômé en histoire et géographie à l’École normale supérieure (ENS), Francky, boursier de l’État haïtien, avait poursuivi ses études au Brésil où il a obtenu une maîtrise en géographie de l’environnement à l’université d’État de Campinas. En avril 2015, il a regagné son patelin pour servir son pays. Et puis après, sans coup férir, la mort vient l’arracher brutalement aux siens parce qu’il devait se rendre justement aux Gonaïves ce jour-là aux fins de dispenser un cours à l’université publique de l’Artibonite. Ce, pas n’importe quelle mort. Cette mort-là fut violente, voire inommable au moment où les politiques de Port-au-Prince se chamaillaient encore sur un consensus autour de l’après 7 février.

François voit le monde s’écrouler sur son dos; lui qui ne peut plus exercer son métier de mécanicien, parce que paralysé de la main gauche depuis quelque temps. « J’ai dépensé tous mes maigres avoirs pour élever Francky. Il incarnait tout mon espoir », dit-il, revenant aux faits. Francky devait rentrer après le carnaval. Chez lui, à Port-au-Prince, on lui a laissé à manger. On l’appelait sur son téléphone mercredi soir, ça n’a pas sonné. On le rappelait le lendemain. Silence persistant. « C’était écrit qu’on ne se reverrait plus », lâche François, fataliste. Malgré tout, malgré les douleurs, il essaie de tenir le coup, très acrimonieux au passage envers « les autorités de Port-au-Prince qui ne font rien pour protéger les Haïtiens ».

En découvrant le corps de son fils lundi dernier dans une morgue privée à Arcahaie et en voulant le rapatrier à Port-au-Prince, François voit ses peines s’alourdir. Les responsables lui réclament 5 000 gourdes par jour, arguant que c’est la justice, après le constat légal, qui les a autorisés à lever le cadavre. Autant dire que la famille devrait sortir la bagatelle somme de 65 000 gourdes, équivalant à 13 jours, pour le récupérer. « l’argent que nous n’avons pas », souffle François, rappelant que les enseignants de l’ENS sont en consultation pour lui venir en aide. Frantz Joseph, ancien de l’ENS, ami de longue date de Francky, est accablé. « C’était un frère. Une longue histoire entre lui et moi », confie-t-il.

Né le 28 septembre 1985 à Port-au-Prince, Francky Altinéus a fait ses études classiques au lycée Anténor Firmin. Devant sous peu repartir pour le Brésil en vue d’entreprendre des études de doctorat toujours en géographie, il était également professeur dans différentes écoles de la place, dont le collège Canado-Haïtien. « C’était quelqu’un qui aimait son pays. C’est pourquoi il y est retourné l’année dernière pour y mettre à profit ses compétences », enchaîne Frantz Joseph, admettant que son collègue aurait pu, comme d’autres, fuir cette île mangeuse d’hommes, là où la vie ne tient qu’à un fil. Francky n’est plus, alors que les assassins qui se sont aventurés dans cette barbarie sont encore éparpillés dans la nature. Il laisse sa famille en lambeaux. La date de ses funérailles n’est pas encore connue.

Justice pour Francky ALTINEUS!!

Note de presse, 18/02/2016

Nous, étudiant(e)s haïtien(ne)s et ami(e)s brésilien(ne)s, à l’Université d’État de Campinas (UNICAMP)-Brésil, signataires de cette note de presse, sommes révolté(e)s, frustré(e)s, indigné(e)s, face à l’assassinat tragico-arbitraire de notre collègue-ami, Francky ALTINEUS (licencié en Histoire et Géographie à l’Université d’État d’Haiti (UEH), maître en Géographie à l’Université d’État de Campinas (UNICAMP) -Brésil).

Après avoir décroché son diplôme de maîtrise et pendant que le processus de son doctorat est en cours à la même université, il a choisi d’apporter son appui au système éducatif de son pays. Comme récompense, à cause de l’instabilité politique en Haïti et l’absence totale du respect des droits humains et des principes démocratiques tout au long de l’administration Martelly, Francky ALTINEUS a été lâchement assassiné par des malfrats en treillis au cours des évènements du 6 février 2016 à l’Arcahaie.

Ce jour -là, Francky se rendait dans le département de l’Artibonite pour dispenser des cours à l’Université publique des Gonaïves quand ces malfrats en treillis ont tiré dans les toutes directions, pillé une caisse populaire et mis le feu au sous-commisariat de la zone. Avant cet acte barbare, des hommes lourdement armés en habits militaires – qui se réclamaient des anciennes Forces Armées d’Haïti (FADH) – défilaient dans plusieurs villes du pays, jouissant de la passivité totale des autorités haïtiennes, selon des informations diffusées par des médias en Haïti. Ce cas, parmi tant d’autres, explique pourquoi beaucoup d’Haïtien(ne)s formé(e)s ne veulent pas se risquer en Haïti, alors que le pays a tant besoin d’eux.

D’abord, nous présentons nos sincères condoléances à la famille du très regrétté Francky ALTINEUS, à ses proches, ses collaborateur (trice)s et ses ami(e)s. Nos sympathies s’adressent aussi aux familles des autres personnes frappées par cet acte de barbarie.

Ainsi, nous ne pouvons ne pas exiger que la lumière soit faite sur cet énième cas qui continue à endeuiller notre société quand nous savons pertinemment que celui-ci n’entre pas dans le cadre de l’insécurité généralisée, mais celui d’un désordre gouvernemental. En ce sens, nous exigeons justice et réparation pour la famille de Francky et celle des autres victimes du même acte inhumain, et que les auteurs et coauteurs soient poursuivis et condanmés selon la loi.

Enfin, nous, étudiant(e)s haïtien(ne)s et ami(e)s brésilien(ne)s à l’Université d’État de Campinas (UNICAMP)-Brésil, ce cas regrettable et révoltant ne va pas nous faire reculer dans la lutte pour une Haïti meilleure, voilà pourquoi nous exigeons aux autorités judiciaires d’ouvrir une enquête en urgence sur ce cas et de prendre toutes les mesures nécessaires et adéquates pour punir les coupables. Nous exhortons également les autorités concernées du pays de prendre toutes les mesures pour garantir les droits et la sécurité de tous les citoyens.

Signataires: 1. Dieumettre JEAN, Liencencié en Lettres-Portuguais et Étudiant en Études Littéraires. 2. Jonhy HILAIRE, Liencencié en Philosophie, Diplomé en Anglais et Maîtrise en Administration Publique. 3. Berno LOGIS, Licencié en Histoire. 4. Frantz Rousseau DEUS, Licencié en Sciences Sociales, Licencié en Sciences Politiques et Étudiant en Sociologie. 5. André PELIZARIO, Étudiant en Sciences Sociales. 6. Fernando Antonio DA SILVA, Doctorant en Géographie. 7. Fernanda LEMOS, Doctorante en Sciences de l’Éducation. 8. Ismane DESROSIERS, Étudiant en Géographie. 9. Wesner SAINT-JUSTE, Étudiant en Linguistique. 10. Tomy FÉLIXON, Étudiant en Mathématiques. 11. Aristide STÉNIO, Étudiant en Physique. 12. Miseline CAZENEUVE, Licenciée en Sciences de l’Éducation. 13. Genevieve CHERY, Licenciée en Sciences de l’Éducation. 14. Velna BOUZI, Licenciée en Sciences de l’Éducation. 15. Oreste ST. BRICE, Licencié en Sciences de l’Éducation. 16. Jn Renel FRANÇOIS, Maîtrise en Mathématiques 17. Josaphat DESBAT, Étudiant en Génie Électrique. 18. Joël VILTUS, Étudiant en Géologie. 19. Sudly Amonsen Raphael SAINTIL, Étudiant en Linguistique 20. Jean Erzind BRISSON, Étudiant en Physique. 21. Joseph Enock PLACIDE, Maîtrise en Sociologie. 22. Kelan JEAN LOUIS, Étudiant en Pédagogie. 23. Philemon DELVA, Étudiant en Génie Informatique. 24. Guerby SAINTE, Étudiant en Géographie. 25. Berhman GARÇON, Maîtrise en Anthropologie. 26. Marie Claire GARRAUD, Maîtrise en Sciences Infirmières. 27. Johnny ALOUIZOR, Étudiant en Statistiques. 30. Nouze VOLCIMUS, Étudiante en Sciences Infirmières. 31. Vagner CHARLES, Maître en Sciences de l’Éducation. 32. Ana Elisa BERSANI, Doctorante em Antropologie Sociale. 33. Ricardo CASTILLO, Docteur en Géographie, Prof à l’Université de Campinas, (Orienteur de Francky ALTINEUS en Maîtrise). Fait à Campinas/São Paulo/ Brésil, le 18 fév. 2016 Contacts: lesaged18@yahoo.fr Tél:+(55)19993659143

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